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Even when you're crying you're beautiful too
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Sujet: Even when you're crying you're beautiful too Dim 21 Fév - 2:29

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haerenade
Acte I


Le manteau enfilé, porte-feuilles et téléphone récupérés et me voilà quittant mon appartement. Je descends au sous-sol pour monter dans ma voiture, refermant la portière derrière moi et poussant un profond soupir. Aujourd'hui est un jour un peu particulier. Je m'apprête à faire quelque chose que je n'ai encore jamais fait au sein de la Maison et que je ne suis pas sûr d'arriver à faire. La dimension psychologique liée au soutien que je suis censé apporter me paraît étrange dans un contexte professionnel et pourtant, je me suis porté volontaire. J'arrive à me détacher plus que ça d'habitude mais j'ai l'impression qu'il y a quelque chose qui me pèse sur les épaules, comme si je pouvais sentir l'ambiance de la journée avant même de rentrer dans le vif du sujet. Je démarre finalement et le dossier en tête, je rentre l'adresse dans le GPS qui m'indique aussitôt quel chemin prendre. Me calant correctement dans le siège, je me mets en route.

Une fois à destination, je coupe le moteur et monte chercher celle pour qui je suis là aujourd'hui parce que oui, c'est une première pour moi et j'avais besoin de passer par là, mais aussi parce que la journée promet d'être autrement plus difficile pour elle et que personne n'était là pour l'accompagner. On propose évidemment quand ça arrive d'emmener un proche pour plus de soutien moral mais avec elle, il n'y avait personne. Seule. Je déglutis et sonne à sa porte, attendant qu'elle vienne m'ouvrir. Je croise son regard et la salue poliment. « Bonjour, Emiko. » C'est la première fois que je l'appelle par son prénom bien que je le connaisse depuis un certain temps maintenant. Je ne sais pas pourquoi, c'est sorti tout seul. Je me dis que là, celle que j'ai devant moi et qui a besoin d'une présence n'est pas mon employée ; ce n'est pas Serenade mais Emiko, la femme, la personne, et ce malgré les circonstances. C'est bien pour ça que je ne me sens pas tout à fait capable de jouer mon rôle correctement, je ne suis pas très doué pour ça. « Tu es prête ? »
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Sujet: Re: Even when you're crying you're beautiful too Dim 21 Fév - 4:07

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Je pousse un dernier soupir. Je croise mon propre regard dans la glace et me dis que ça ira, alors qu’on fond de moi-même, j’appréhende le pire. Délicatement, la paume de ma main glisse contre mon ventre, légèrement bombé. Dans quelle galère me suis-je encore embarquée, je me le demande. J’hoche négativement de la tête, mon visage se vidant de toute émotion. Tenter de faire le vide avant cette épreuve, c’est ce que je devais faire. Je tente de me conditionner du mieux possible depuis que j’ai appris la nouvelle. Ce n’est pas facile à digérer, mais ça fait partie des risques du métier. Et pourtant… Je sursaute soudainement, me retournant en un instant en direction de la porte d’entrée. Déjà…? Je regarde l’horloge pour m’assurer que je n’ai pas rêvé, même c’est bien l’heure. J’ouvre la porte, tête basse, croisant le regard de mon accompagnateur. Ses paroles me glace le sang, la surprise se voyant très certainement sur mes traits. Pourquoi connait-il mon prénom alors que je ne lui ai jamais mentionné auparavant?

Je me suis contenté d’esquisser un faible sourire, lui rendant un signe de tête. J’ai la gorge nouée. Dès que je referme la porte, je m’empresse de filer vers la voiture d’Hae Il. Comme si le fait de prendre place sur le siège passager plus rapidement me sortirait de cette histoire en un claquement de doigts. Je sais toutefois que ce n’est pas ainsi que ça fonctionne. Je me racle légèrement la gorge, un moment après avoir bouclé ma ceinture. « Merci de m’accompagner, Mr Kim… » Je murmure entre mes lèvres, le bout de mes doigts jouant avec la bordure de ma jupe. J’aurais voulu que ce soit différent. Que nous n’ayons pas à se rencontrer dans ce genre de circonstance. Ça ne semblait pas lui déranger, par contre. Je tourne mon visage vers la fenêtre, ma tête s’y posant, mes prunelles s’attachant au paysage. « …Ça arrive souvent? Ce genre… d’accident. » Oui, je suis tout de même curieuse. Je ne suis probablement pas la première qu’il emmène comme ça. Certainement pas la dernière, aussi. Je me laisse glisser dans le siège, mes doigts se serrant toutefois contre ma jupe. Plus les minutes avancent, plus le stresse monte. Je me dis pourtant que ça devrait être le contraire. Que plus je me rapprocherai de la clinique, plus l’heure de la libération approche. Je ne peux m’empêcher de me faire un sang d’encre, tentant de ne pas craquer. Pas devant Hae Il.
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Sujet: Re: Even when you're crying you're beautiful too Dim 21 Fév - 5:28

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L’appeler par son prénom était une forme de respect à mes yeux mais au vu de la réaction engendrée, je ne suis pas sûr que ca ait été une si bonne idée. C’était juste tellement spontané, comme si mes lèvres avaient laissé les mots s’échapper avant même que mon cerveau ne leur ait dictés. Le sourire qu’elle esquisse est dénué de toute joie ; un idiot aurait pu voir à travers de ce faux-semblant. J’ai l’impression qu’elle me suit contrainte et forcé, que je suis son bourreau et que je l’emmène vers sa fin. Non vraiment, je n’ai pas l’air d’être fait pour ce rôle de soutien moral. Elle me fausse compagnie à peine la porte refermée derrière elle pour aller se réfugier dans la voiture. J’y monte à mon tour et lui jette un rapide coup d’oeil avant de démarrer. Ses mots me prennent de cours et mes mains se crispent légèrement sur le volant avant de prendre la route, laissant échapper un bref “Mmh” en réponse.

Le mouvement de ses mains attirent mon attention et je dois me forcer à regarder la route sans détourner les yeux toutes les deux minutes pour voir si ca va. Je ne résiste pourtant pas lorsqu’elle reprend la parole, rapidement, le temps de voir que son regard semble loin, comme pas vraiment ici. Je mets un petit temps avant de répondre, avant de trouver les mots. “Pas autant qu’on pourrait penser. C’est juste une question de malchance, vraiment.” Je ne sais pas ce qu”une femme peut ressentir dans un moment comme celui-ci mais je veux juste lui dire que rien n’est de sa faute. “C’est la première fois que j’accompagne alors soit indulgente avec moi si je ne fais pas ce qu’il faut.” reprends-je après quelques minutes. suis-je idiot ? C’est visiblement une épreuve pour elle et moi tout ce que je trouve à lui dire se centre sur moi. J’espère juste que ma présence ne va pas empirer les choses mais c’est mal parti.

L’hôpital est enfin en vue. Je trouve une place facilement et coupe le moteur. Je reste un instant à ma place et sors finalement, prenant un moment à nouveau avant de faire le tour de la voiture pour lui ouvrir la portière et lui tendre une main. Je lui aurais laissé plus de temps seule si j’avais pu mais le rendez vous était fixé à pile.
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Sujet: Re: Even when you're crying you're beautiful too Dim 21 Fév - 15:12

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Depuis quand suis-je si nerveuse? Si discrète, même. Je renvois probablement une image totalement différente de celle qu’il a pu voir à la maison close. Moi qui suis normalement souriante, invitante, voilà que mon unique envie aurait été de me retrouver seule, de me recroqueviller et de ne plus penser à rien. Il devait s’en être rendu compte. Ses réponses à mes questions me rassurent un minimum, même si je sens cette boule au creux de ma gorge prendre de l’expansion. Je ne sais que ce n’est pas de ma faute. C’est le risque du métier, comme on dit. J’aurais dû me douter qu’un jour, ça allait m’arriver. Je me contente d’un petit « Mhh » à ses dernières paroles, restant toutefois surprise. Je suis la première qu’il accompagne..? Je déglutis légèrement, cette nouvelle information faisant naître de nouvelles questions en moi.

C’est en voyant l’hôpital que je fige. Le moment fatidique est de plus en plus près, ça c’est certain. Mon regard se perd un moment sur la bâtisse, jusqu’à ce que je sursaute. La portière s’ouvre et je relève mes prunelles dans sa direction. Je suis certaine qu’une lueur de peur y flotte, et pourtant, je glisse mes doigts contre les siens avec une confiance qui me surprend moi-même, puisqu’au fond de mon être, je me sens prête à m’écrouler. J’esquisse tout de même un sourire en sa direction, m’extirpant du véhicule et refermant la portière derrière moi. Je relâche ensuite sa main, puis prend le chemin de l’aile où se trouve mon rendez-vous.

L’atmosphère d’un hôpital n’est jamais des plus festifs. Encore moins lors des cliniques d’avortement. Je file m’enregistrer au comptoir et la dame me dit que le médecin sera bientôt prêt à me recevoir. Dès que cette information est traitée par mon cerveau, je me retourne vers Hae Il, reglissant ma main dans la sienne. Je laisse le silence peser un moment, mes prunelles contemplant le carrelage. « Vous serez toujours là quand je sortirai…? » Ma voix chevrote un moment tandis que ma prise se raffermit sur ses doigts. Si j’en avais le droit, je ne le laisserais pas me quitter. J’appréhendais l’opération, oui. J’avais encore plus peur de me retrouver seule après celle-ci.
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Sujet: Re: Even when you're crying you're beautiful too Dim 21 Fév - 16:07

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Sa tête se redresse soudain, comme tirée de ses pensées par l'ouverture de la portière, et mon regard croise le sien. Elle fait étonnamment jeune ainsi. Il y a une telle différence d'attitude par rapport à d'habitude. C'est Serenade que je connais, que je croise à la Maison. Aujourd'hui, le masque semble être tombé et c'est définitivement une autre personne que j'ai devant moi, innocente et perdue. Emiko. Sa main trouve la mienne et elle sort de la voiture d'un geste fluide, contrastant avec son regard hanté, reflets de pensées tues j'imagine. Ce même sourire refait surface sur ses lèvres avant qu'elle ne me tourne le dos pour refermer la portière, lâchant ma main, qui reste dans les airs un instant. Elle s'avance d'elle-même vers le bâtiment et je marche à ses côtés comme un garde du corps. J'espère qu'au moins pour elle que tout va se passer vite et bien. Plus que physique, l'épreuve sera psychologique pour elle.

L'odeur dans les couloirs du bâtiment n'aide pas à se détendre. Il n'y a pas un bruit, comme si nous étions seuls au monde à emprunter ce couloir. Le seul signe de vie est la femme derrière le comptoir devant laquelle nous arrivons. Mes yeux retombent sur le visage d'Emiko pendant qu'elles donnent les informations nécessaires pour la suite des événements. Je regrette presque de ne pas pouvoir l'accompagner en salle d'opération mais d'un autre côté, cela aurait peut-être augmenté on malaise. Je n'ai rien d'un proche et reste le fils de la grande patronne à ses yeux, on a vu mieux comme soutien. Je sens pourtant sa main se glisser dans la mienne et rapporte toute mon attention sur elle. Ca doit être vraiment dur pour elle. Je la sens tendue et ça transparaît même dans sa voix. « Je ne bouge pas d'ici. » Je me retourne vers elle pour lui faire face et lève son visage de ma main libre, me penchant pour être à son niveau. « Ca va bien se passer. Ils vont t'endormir et quand tu te réveilleras, je serai là et tout sera fini. » Je remarque alors un médecin arriver derrière elle dans notre direction. J'enserre sa petite main dans les miennes pour lui donner du courage, essayant autant que faire se peut du moins. « Il va falloir être forte. » J'ai à peine fini que le médecin l'appelle et l'emmène sous mes yeux. Je les regarde partir tous les deux et pousse un profond soupire une fois seul dans le couloir. Je m'assois un peu plus loin que le comptoir et me prépare à attendre, la tête dans les mains. Je ne sais définitivement pas si c'était une bonne idée de venir.
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Sujet: Re: Even when you're crying you're beautiful too Dim 21 Fév - 16:45

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Je cligne quelques fois des yeux, déglutissant de nouveau. Mes prunelles passent tour à tour du visage de mon accompagnateur à sa main, qui est maintenant pressée contre la mienne. Étonnamment, ce simple petit geste suffit à m’insuffler une once de courage. De savoir qu’il sera toujours là lorsque je reviendrai, qu’il ne me laissera pas seule ici, c’est rassurant. Même si, au final, il aurait pu dire ceci pour que j’évite de paniquer. Je ne pouvais être sûre de rien. Il était vrai que, dans un sens, il était mon patron. Je n’étais probablement qu’un numéro à ses yeux. « À plus tard… » Murmuré-je en sa direction lorsque le médecin vint me chercher. Le reste est flou. On me plaça sur la table d’intervention. On m’expliqua en gros ce qui allait se passer, mais mon cœur battait tellement vite que j’eus du mal à capter ce que l’infirmière me disait. En instant, je sentis mon monde basculer et la noirceur me voila la vue.

Je pousse un léger soupir. J’ai la bouche pâteuse. J’entrouvre les yeux un moment, mais ma vision n’est pas claire. Je préfère laisser ma tête retomber sur le côté, ma joue frôlant l’oreiller se trouvant sous ma tête. C’est terminé. Je ne sais combien de temps s’est écoulé entre mon entrée en salle d’opération et ma sortie, mais je me sens fracassée. Une douleur constante, mais supportable, traverse mon ventre et je me dis que c’est l’effet secondaire de la procédure. Tout ce trouble pour un préservatif défectueux. J’entrouvre une nouvelle fois les yeux et la silhouette se dessinant devant moi m’arrache un sourire. Un vrai. Il est faible, certes, mais il est bien là. Je relève ma main gauche, cette dernière passant par-dessus la bordure du lit d’hôpital pour frôler avec délicatesse la joue d’Hae Il. Je ne suis peut-être pas autorisée à le toucher, mais je veux qu’il sache que je suis de retour. Que je suis réveillée. Que je suis plus qu’heureuse qu’il soit effectivement resté à mes côtés. « Hae Il… »
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Sujet: Re: Even when you're crying you're beautiful too Dim 21 Fév - 18:23

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L'opération n'est pas censé prendre beaucoup de temps mais les minutes tirent en longueur, du moins c'est l'impression que ça me fait. C'est encore pire quand un couple entre et qu'une fois les formalités au comptoir passées, l'hôtesse les invite à prendre place. Ils se posent non loin de moi et après un instant, je vais faire un tour dehors. C'est insupportable ce silence et cette ambiance là dedans. L'air frais me fait du bien mais je ne m'éternise pas à l'extérieur. Je finis par rentrer et le regard que me jette l'homme qui accompagne sa copine me rend perplexe. Mes sourcils se froncent légèrement mais je détourne les yeux et me rassois. Après ce qui me semble être une éternité, on vient finalement me chercher pour me dire que tout s'est bien passé et que la réanimation a commencé. Je suis le médecin à travers le dédale de couloirs jusqu'à ce qu'il m'ouvre une porte et m'invite à entrer, m'indiquant que le réveil ne devrait plus tarder. J'entre et la porte se referme derrière moi, me laissant seul devant le lit où trône Serenade. Emiko. Je jette un coup d'oeil autour de moi et trouve une chaise dans un coin de la pièce. Je la cherche et la pose à côté du lit, enlevant mon manteau avant de m'asseoir. Il n'y a plus qu'à attendre à nouveau. Je me demande si ça ira à son réveil pour elle. Ses cheveux roses sont étalés sur l'oreiller autour de sa tête et son visage là encore fait très jeune. Je détourne les yeux après un moment à la regarder et laisse filer ainsi le temps à regarder dans le vide calmement.

Je suis tiré de ma léthargie par un contact sur ma joue qui me fait sursauter et tourner la tête d'un coup sec pour voir d'où ça vient. Ce n'est autre qu'elle, réveillée, un mince sourire sur ses lèvres. Elle a l'air déjà plus détendue qu'avant mais c'est peut-être encore l'anesthésie qui fait toujours effet. Mon prénom passe ses lèvres et machinalement, ma main trouve la sienne encore tendue vers mon visage. « De retour ? » Je me rapproche légèrement. « Ca va ? Comment te sens-tu ? » Anesthésie ou non, ça ne doit pas être une partie de plaisir de sortir d'une opération comme ça. « Je suis là, comme promis. » Pas un grand réconfort mais au moins elle n'est pas seule.
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Sujet: Re: Even when you're crying you're beautiful too Lun 22 Fév - 23:09

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J’ai l’impression que j’ai la tête qui tourne. C’est probablement un effet secondaire de l’anesthésie. Je ne suis probablement pas totalement réveillée et je me dis que c’est normal. J’ai pourtant une boule dans la gorge qui ne semble pas vouloir disparaître. Est-ce parce que je ne réalise pas l’ampleur du geste que je viens de poser? Ou est-ce parce que je suis soulagée que tout ceci soit terminé? C’est peut-être un mélange des deux, en fait.

Dès que la main d’Hae Il rejoint la mienne, je ferme les yeux. Un léger soupir passe d’ailleurs mes lèvres, comme si ce geste m’apportait un réconfort sans pareil. Je ne sais pourquoi, mais maintenant, je suis heureuse qu’il soit venu avec moi. N’avoir personne sur qui compter, c’était bien plus difficile que je ne l’aurais cru. Depuis mon enfance, jamais je n’avais pu compter sur qui que ce soit, outre ma propre personne. J’arrivais même à me faire faux bond. Que le jeune homme soit resté me donne une nouvelle perception de sa personne. Au final, je ne suis peut-être pas qu’une employée. Il ne vit peut-être pas que pour son travail. J’entrouvre une nouvelle fois les yeux à sa question. Si je vais bien…? C’est une excellente question. Il est peut-être un peu tôt pour me prononcer sur la chose, d’ailleurs. « Ça va… » J’arrive à baragouiner ces mots, mon pouce caressant distraitement la main du jeune homme. J’en profite d’ailleurs pour tenter de me redresser, calant mon oreiller au creux de mon dos, mais me laissant retomber assez rapidement sur cette dernière. « Ramène-moi chez moi, je t’en supplie… » Je me mords discrètement la lèvre inférieure, ramenant ma main vers moi pour regarder les tubes qui y étaient plantés. Je n’ai qu’une seule envie, c’est de les arracher et de sortir de cette bâtisse. Retrouver mon lit, me rouler en boule et attendre que tout aille mieux. J’essaie tellement d’être forte, et pourtant, je sens que je vais craquer. Si ce n’est pas déjà commencé.
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Sujet: Re: Even when you're crying you're beautiful too Mar 23 Fév - 20:26

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Sa poitrine se soulève quelque peu et elle pousse un soupir, ses yeux se fermant. Elle doit sûrement être fatiguée après tout ça et émerger d'une anesthésie doit être quelque peu déroutant. Je ne la connais pas, pas plus que les autres filles de la Maison en tout cas, mais je peux dire que ce n'est clairement pas un bon jour. Son visage laisse moins transparaître la peur à présent mais ce n'est toujours pas ça. Je ne souhaite ce qu'elle traverse à personne. Elle a vraiment l'air fragile et innocente par rapport à l'image d'elle qu'elle renvoie d'habitude, entre sourires charmeurs, démarche assurée et regards envoûtants. Je sais que nos filles jouent un rôle mais je n'ai habituellement pas l'occasion de les voir dénuées de leur masque. Cette apparence frêle a quelque chose d'attachant. Je ne suis pourtant pas là pour la relation humaine et les sentiments. Ma mère m'a dit que l'expérience m'apprendrait à me détacher mais c'est plutôt l'inverse. Je ne vois pas en quoi assister à la souffrance de quelqu'un peut vous aider à vous en détacher. J'avoue ne pas comprendre ma mère pour le coup et pourtant elle me connaît par cœur, elle connaît mon côté empathique.

Elle répond alors à ma question de manière peu assurée : la question elle-même était idiote dans une telle situation. Mes yeux tombent sur nos mains l'un dans l'autre au frôlement de son pouce et lorsqu'elle prononce les mots suivants, je sens mon regard s'adoucir malgré moi. L'infirmière entre à ce moment là et lui demande comment elle se sent. Je la laisse faire et au moment où elle fait mine de vouloir sortir, je me redresse, lâche la main d'Emiko et la prend à part un isntant pour lui demander s'il y a moyen d'accélérer le processus de sortie. Elle me dit aller voir ce qu'elle peut faire et de passer signer les papiers à l'accueil pour que ça au moins, ce soit déjà fait. Elle s'en va et je me retourne pour croiser le regard de celle dont il est question. « Je vais faire les dernières démarches. Je reviens. » Je m'attarde un peu et file à mon tour, retrouvant mon chemin dans les couloirs pour passer au comptoir et régler les dernières procédures. Ils savent faire les choses vite et bien ici, il faut le reconnaître. Je remonte directement une fois le tout fini et croise l'infirmière à nouveau devant la porte à qui j'explique que je peux m'occuper d'elle si besoin si c'est ce qu'il faut pour qu'elle sorte plus tôt. Un hochement de tête, un sourire et quelques mots me satisfont. Nous rentrons tous les deux dans la chambre et tandis qu'elle s'approche du lit pour débrancher Emiko, je me plante devant le lit en croisant les bras en face d'elle, le coin de mes lèvres se relevant légèrement. « Je me suis arrangé, tu sors quand tu te sens prête. Le médecin doit passer une dernière fois pour t'ausculter mais après, je te ramène. » L'infirmière finit par partir et nous laisse seuls. Je m'approche quelque peu. « Il faut juste attendre qu'il passe et tu peux t'habiller ensuite. L'infirmière peut t'aider à t'habiller si tu ne te sens pas encore tout à fait capable et je te ferai sortir d'ici. » On toque alors à la porte et je tourne la tête pour voir le médecin entrer. Je ne suis pas mécontent d'avoir réussi à négocier un départ plus rapide que prévu, cette ambiance d'hôpital me met mal à l'aise.
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Sujet: Re: Even when you're crying you're beautiful too Mar 23 Fév - 20:58

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C’est difficile de porter ce masque. On se dit qu’avec le temps, ça passera, ça deviendra plus simple. Mais ce n’est absolument pas le cas. Même si je suis dans le système depuis bientôt six ans, ça ne s’est jamais amélioré. Je ne crache pas sur l’institution, au contraire. Les propriétaires du Paradise Lost sont probablement les seules personnes à m’avoir traitée d’une façon convenable, et ce, peu importe la situation. Je sais que m’accompagner fait partie de son travail, qu’il devra le faire pour les autres employées à qui ça arrivera. Et sincèrement, je ne le souhaite à personne.

Mes prunelles se relèvent pour croiser le regard de l’infirmière, puis le regard d’Hae Il. Lorsqu’il m’annonce qu’il sortira un moment, j’hoche machinalement la tête, même si, intérieurement, je cris pour qu’il reste à mes côtés. Si, toutefois, ceci peut accélérer le processus, je ne dirai pas non. J’en profite, dès qu’ils sont sortis, pour me redresser et balancer mes jambes au bas du lit. Je les sens extrêmement lourde, et même encore assise, je me demande si je pourrai simplement supporter mon poids. Je pousse un nouveau soupir, posant l’une de mes mains contre mon ventre, tournant la tête en voyant l’infirmière et mon accompagnateur revenir. Je l’écoute parler tandis que la dame retire les derniers fils qui m’attachaient à ces machines et, d’un coup, je me sens un peu mieux. Comme si l’effet de l’hôpital s’estompait lentement. « Crois-tu… Croyez-vous que je pourrais avoir un truc pour la douleur..? » Je ne voulais pas paraître faible, mais j’en aurais de besoin si je voulais me reposer adéquatement. C’est à ce moment même que le médecin entre, m’assurant qu’il me donnerait un antidouleur. Je réponds d’ailleurs à ses questions, jusqu’à ce qu’il me donne mon congé. J’aperçois l’infirmière, sur le point de revenir pour m’aider à me vêtir, mais lui fait un signe de la main, lui signalant que j’arriverais à le faire par moi-même. L’orgueil, très certainement. J’attrape mon haut, trônant dans le sac posé près de mon lit. « Je ne sais pas si je pourrai marcher jusqu’à la voiture. Je suis désolée… » J’esquisse un léger sourire, bougeant pour poser mes pieds au sol, me retenant à la barre du lit pour m’éviter une chute prochaine. Lorsque je me sens assez stable, je tourne le dos à Hae Il, retirant le vêtement prêté par l’hôpital pour enfiler mes propres vêtements, sans aucune gêne. J’aurais probablement dû demander à l’infirmière, puisque je me bats un moment avant de passer ma tête par le col. Je ne m’attarde pas aux détails. Dès que j’ai enfilé tout ce qui m’appartient, je me retourne vers Hae Il, tendant une main dans sa direction. « Je suis prête. Vous pouvez me ramener. » Si formelle, si déterminée à rentrer chez moi. Je veux tout simplement fermer les yeux, me réveiller et me rendre compte que ce n'était qu'un cauchemar.
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Sujet: Re: Even when you're crying you're beautiful too Mar 23 Fév - 22:58

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Emiko semble être vraiment pressée à l'idée de rentrer. Déjà redressée dans le lit en revenant dans la pièce, je crois que quitter l'hôpital est sa priorité. Je me suis porté volontaire pour m'occuper d'elle en contrepartie de cette sortie prématurée. Ils savent de toute façon à qui ils ont affaire ; le nom de la famille Kim n'est pas inconnu de leurs services et je me suis rendue compte que ça ne doit pas être la première fois que ce genre de choses arrive. Je ne suis pas sûr que ma mère se soit portée garante pour une de ses filles cependant mais c'est une femme elle aussi et je la connais, elle est loin d'être sans cœur même si elle s'en cache bien. Celle que j'ai accompagnée aujourd'hui ne doit pas être la première à demander à fuir cet endroit le plus tôt possible.

Une fois le médecin entré dans la pièce, il semble avoir entendu sa question puisqu'il y répond directement, bien mieux placé que moi pour la renseigner. Il l'ausculte méticuleusement. Il ne semble pas y avoir de problème, heureusement. Ca doit déjà être suffisamment dur à supporter et des complications n'arrangeraient rien. Elle semble sûre d'elle en refusant l'aide de l'infirmière mais ses gestes n'ont pas leur fluidité habituelle. Le médecin quitte la pièce à son tour et je la vois se saisir de ses affaires pour filer le plus vite possible semble-t-il. Je hoche simplement la tête en réponse à sa remarque et ajoute un « mmh » à nouveau au cas où elle ne m'a pas vu. Je fais un pas vers elle par réflexe en la voyant poser un pied au sol, mes bras se tendant vers elle. Elle tient cependant debout pour le moment et je laisse mes bras retomber le long de mon corps. Elle me tourne alors le dos et commence à s'habiller. Je l'ai déjà aperçue nue comme à peu près toutes les filles de la Maison mais le contexte me fait détourner les yeux, lui laissant un minimum d'intimité. Sa voix se fait entendre après un moment et je rapporte mon attention sur elle, sa main tendue vers moi. Je m'approche alorss, récupère mon manteau que j'enfile et prends son sac. Elle n'a pas l'air très stable sur ses jambes et je prends sa main, mon bras libre passant autour de sa taille pour l'empêcher de tomber. Encore une fois, sa fragilité me frappe malgré cet air fort qu'elle veut laisser paraître. A d'autres. « Ca ira ? » lui demandé-je. Je fais un premier pas qu'elle semble suivre bien que sans trop d'équilibre. « Si tu te sens faiblir, je veux que tu me le dise. » Pas d'effort m'avait-on dit et je prends ça très au sérieux : au moindre faillement, je suis prêt à l'aider. La porte de la chambre franchie, nous recroisons le médecin qui me glisse son ordonnance dans la poche et demande à sa patiente si ça ira. Je hoche la tête à sa place et le remercie avant de la faire avancer doucement mais sûrement pour quitter les lieux dès que possible.
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Sujet: Re: Even when you're crying you're beautiful too Mer 24 Fév - 3:44

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Hae Il a vu juste. Je suis pressée de partir. J’appréhendais mon entrée à l’hôpital parce que ce n’est pas un endroit qui m’attire et que, franchement, l’institution me fait peur. Mais c’est surtout parce que l’endroit m’était inconnu. Ce sentiment d’être totalement perdue, de ne pas du tout être à ma place. Ce n’est pas la première fois qu’il m’assaille, mais c’est différent. Je ne peux l’expliquer. J’ai seulement l’impression que le seul endroit où je ne risque pas de me faire juger, c’est dans mon propre appartement, parce que personne d’autre que moi n’y vit.

Mes doigts se serrent légèrement contre les vêtements d’Hae Il lorsque je sens son bras passer à ma taille. Je me demande bien ce qu’il a pu dire aux médecins pour qu’ils me laissent sortir aussi rapidement. Clairement, dans l’état où j’étais, j’aurais dû rester à l’hôpital au moins une bonne partie de la journée. Je ne pourrais pas retourner au travail avant deux semaines, également. Où était la presse, outre le fait que je n’aurais probablement pas supporté cette atmosphère bien plus longtemps? « Ça va aller, oui. » Tant et aussi longtemps qu’il me supporterait, je devrais être capable de me rendre à bon port. Je priais intérieurement l’homme qui avait créé l’ascenseur, m’évitant ainsi de descendre trois étages à pieds. Arrivé au stationnement, je suis soulagée de voir la voiture, m’engouffrant dans l’habitacle dès que la porte s’ouvre. J’ai l’impression d’être un poids. Une loque qui a du mal à se traîner elle-même. Si j’en avais l’occasion, je fermerais les yeux et m’endormirais. Mais je ne pouvais pas m’endormir ici. J’ai le cœur au bord des lèvres. Est-ce un effet secondaire, ou est-ce simplement cette irrépressible envie de pleurer que je tente de repousser depuis que le jeune homme est venu me chercher? Je fronce délicatement le bout de mon nez, appuyant sur le tableau de bord de la voiture pour entrer mon adresse dans le GPS. « Je peux te le dire, maintenant que je suis assise, que je me sens faible, ou c’est trop tard? » Bizarrement, je prends mes aises une phrase sur deux. Il est si gentil avec moi, je n’ai l’impression d’avoir à faire à un ami. J’ai plutôt le sentiment d’être en présence d’un nouvel ami, d’une amitié naissante. Que j’ai encore tout à découvrir de lui. Je me blottis contre le siège, glissant une main contre mon ventre pour m’assurer que les douleurs seraient tolérables, puis repose mon front contre la vitre de la portière. « Et tu sais, tu n’as pas à rester avec moi, même si tu l’as dit au docteur. Tu dois avoir d’autres choses à faire, non? » Si je tentais de le chasser? À moitié. Je ne voulais surtout pas lui imposer mes sautes d’humeur à venir, puisqu’une fois seule, je savais que je laisserais tous les masques tomber. Et Dieu seul savait à quel point ça pouvait être effrayant.
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Sujet: Re: Even when you're crying you're beautiful too Mer 24 Fév - 6:29

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La progression est plutôt lente dans les couloirs de l'hôpital mais je sais qu'elle fait aussi vite qu'elle peut, quitte à devoir surpasser ses propres limites. L'anesthésie générale demande du temps pour se réveiller tout à fait et de toute faon, elle a besoin de repos après une telle épreuve, c'est évident. Je lui fais pourtant confiance quand elle me dit que ça ira ; elle est après tout la seule à savoir si elle se sent capable de marcher ou non, bien qu'elle m'ait l'air secouée. Elle s'appuie sur moi plus que ce qu'il faudrait pour quelqu'un qui peut marcher sans efforts mais je ne dis rien et continue à l'aider et à simplement la soutenir. Un signe de tête poli pour la femme à l'accueil et peu de temps après, nous voilà dehors. La voiture n'est heureusement pas très éloignée de l'entrée et lorsque je lui ouvre la portière, elle s'assoit aussitôt. Je jette un coup d'oeil et referme derrière elle, contournant la voiture pour venir m'installer à mon tour et mettre le contact. Je tourne la tête et la scrute tandis qu'elle rentre son adresse dans le gps. Ses mots me font alors froncer les sourcils. Je suis là pour l'aider, pour alléger son fardeau autant que possible et elle joues les femmes fortes. Un petit soupire passe mes lèvres mais de toute façon, nous sommes dans la voiture maintenant. Je ne vais pas la réprimander ou quoi que ce soir, ça ne servirait à rien et c'est bien le genre de choses qui pourrait sûrement la faire craquer. Je ne vois pas l'intérêt d'en rajouter une couche. Pleurer lui ferait pourtant du bien et c'est évident que ça va finir par arriver. Elle n'a certainement pas conscience qu'elle ne va pas se retrouver seule dans son appartement tout de suite en arrivant, c'est ce qui était convenu avec l'infirmière pour qu'elle sorte prématurément. Ca ne me dérange pas de m'occuper d'elle. Je n'avais aucune idée du temps que ça allait prendre et à mon sens, m'assurer qu'elle sorte indemne de cette épreuve est plus important que la paperasse qu'il me reste à régler pour la Maison.

Je démarre et me mets en route, suivant le gps d'un œil. Je lui jette cependant des coups d'oeil réguliers pour m'assurer que rien ne va de travers. Sa tête repose contre la fenêtre de la voiture pour le moment. « N'essaie pas de te débarrasser de moi. Je reste, point. » Elle n'avait même pas le choix bien qu'il soit question de son appartement à elle. Quelques minutes passent et je l'observe toujours régulièrement. « C'est normal de pleurer dans ces circonstances, tu sais ? » J'ai l'impression qu'elle se retient de toutes ses forces de par ma présence mais je ne compte pas partir avant un moment et vraiment, pleurer lui ferait peut-être du bien, laisser sortir le trop plein d'émotions qu'elle a accumulées. C'est dit, elle en fait ce qu'elle en veut.
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Sujet: Re: Even when you're crying you're beautiful too Mer 24 Fév - 17:08

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Pourquoi m’entêter à me montrer plus forte que je ne le suis? C’est une bonne question. À première vue, je n’ai pas l’air si frêle, mais je n’ai point l’air de la femme la plus forte de la planète. En situation d’urgence, je ne pourrais très certainement pas m’en sortir toute seule. J’aurais besoin de quelqu’un pour me prêter main forte, c’était certain. Surtout si je faisais face à quelqu’un de plus puissant que moi. Hae Il n’était en aucun cas une menace. Je n’avais rien à craindre de sa part, il n’était pas là pour acheter mes services, mais plutôt pour me rendre service. Ça changeait tout. Je ne sais absolument pas pourquoi je me cabre, pourquoi je veux le voir partir le plus vite possible. Depuis que je travaille au Paradise Lost, il est probablement l’une des seules personnes à ne pas éveiller ce sentiment de répulsion constant qui m’habite. C’est déjà un très bon signe.

Mes prunelles se relèvent lentement en l’entendant parler, se fichant dans son regard. « Oui, je sais. » Ma voix chevrote une nouvelle fois tandis que je pince mes lèvres entre elles, sentant automatiquement les larmes me monter aux yeux. Je cligne plusieurs fois pour les chasser, essuyant toutefois celle qui roule contre ma joue, tournant de nouveau mon visage vers la portière. Si j’avais honte qu’il me voit? Peut-être. Jamais je n’avais laissé quiconque apercevoir mes faiblesses, de peur qu’on en profite. De peur qu’on me manipule encore plus que précédemment. « Mais pas maintenant. Pas… » Je fronce les sourcils, baissant la tête pour, une nouvelle fois, jouer avec la bordure de ma jupe. « Pas maintenant… » Pas devant lui, surtout. Dès que la voiture s’immobilise dans l’entrée de mon appartement, je déboucle ma ceinture et m’empresse d’ouvrir la portière. Je balance mes jambes à l’extérieur et la simple pression appliquée sur ces dernières me fait comprendre que je fais ces efforts pour rien. Je n’arriverai jamais à monter jusqu’à mon appartement, je n’arriverai pas à me redresser par moi-même. Cette frustration est insupportable. « Hae Il… » Je murmure difficilement son prénom, un sanglot l’entrecoupant. Le flot de larmes que je tentais de retenir depuis un moment déferle le long de mes joues, relevant mes mains pour y presser mon visage. Je n’en peux tout simplement plus.
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Sujet: Re: Even when you're crying you're beautiful too Mer 24 Fév - 18:54

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Le trajet est plutôt silencieux dans la voiture. Je me concentre sur la route et continue à lui jeter des coups d'oeil de temps en temps. Mes derniers mots lui font relever la tête et le mouvement attire mon regard, croisant le sien. J'en arrive presque à regretter mes paroles en voyant ses yeux se remplir de larmes et l'une d'elle couler sur sa joue avant qu'elle ne détourne la tête. Je rapporte mon attention sur la route aussitôt. Ce n'est que la preuve qu'elle essaie de contenir toute ses émotions mais il va bien falloir que ça sorte et il ne semble pas falloir grand chose pour qu'elle craque. Sa voix est toute faible et presque inconsciemment, j'accélère légèrement pour arriver encore plus tôt chez elle. Il ne reste plus beaucoup de chemin.

Je trouve une place juste devant et en profite, me garant rapidement avant d'éteindre le moteur et de me tourner vers elle au son du clic de la ceinture. Elle s'empresse d'ouvrir la porte et je me détache à mon tour. Entendre mon prénom me fait aussitôt relever la tête dans sa direction. Elle me tourne le dos et ses cheveux lâchés me cachent la vue mais il n'est pas difficile de comprendre. Je pose une main dans son dos pour lui signaler que j'ai compris, juste le temps d'ouvrir la portière et de m'extirper de la voiture en un rien de temps. Je récupère son sac et passe du côté passager, pinçant les lèvres légèrement à la vue de la jeune femme brisée qui a besoin de mon aide. Je me penche légèrement pour retirer ses mains de son visage et redresser sa tête doucement. Ses joues sont humides de larmes et sa lèvre tremble. J'essuie de mes pouces le plus gros dans un geste précautionneux même s'il est évident que ça ne va pas arrêter le flot de ses larmes. « Viens, je te ramène. » Je l'aide à se relever et la tiens contre moi le temps de fermer la portière et verrouiller la voiture. Aussitôt fait, je passe un bras autour d'elle et soulève ses jambes de l'autre. Pas la peine de s'éterniser dehors : c'est le plus rapide et vu l'état dans lequel elle est, je ne suis même pas sûr que ses jambes soient capables de supporter son poids comme à l'hôpital. Je pousse la porte d'entrée d'une épaule et monte les escaliers, les sanglots du poids plume dans mes bras étant le seul bruit audible dans l'étonnant silence ambiant. Sa tête repose contre moi comme si elle voulait se cacher.  Une fois devant sa porte, je lui souffle un « j'ai besoin du code » tout bas, comme pour éviter de la déranger. Je cherche sa chambre et la dépose finalement sur le lit, prévenant. « Emiko .. » J'écarte ses cheveux de son visage et reste un instant planté devant elle à la regarder, ma main cherchant la sienne machinalement pour lui montrer que je suis là si elle a besoin de quoi que ce soit. « Un bain chaud te ferait du bien. Je peux te préparer ça, si tu le souhaites. »
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Sujet: Re: Even when you're crying you're beautiful too Mer 24 Fév - 19:37

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Je me sens si impuissante, si vulnérable. Si nue. Je n’ai pas la force de résister à quoi que ce soit. Je relève les yeux en sentant les doigts d’Hae Il sur mon visage, mais je ne vois qu’une silhouette floue, brouillée par mes larmes encore trop présente. Moi qui pensais ne pas être un fardeau, voilà que j’en étais un de nouveau. Je le laisse me redresser, je le laisse même me prendre dans ses bras, parce que même si j’avais voulu m’y opposer, je n’en aurais pas eu la force. Je me demande même si j’en aurais eu l’envie. Automatiquement, je niche mon visage contre son épaule, tout près de son cou, et je me laisse bercer par ses pas. Je lui donne le code lorsqu’il me le demande, mais sans plus. J’ai l’impression de flotter sur un petit nuage, même si ce n’est pas un sentiment joyeux. C’est… différent. Je pousse un léger sourire en sentant mon matelas sous mes cuisses, en sentant une nouvelle fois les doigts du jeune homme sur mon visage. Rapidement, j’essuie mes larmes de revers de ma main, déglutissant en regardant autour de moi. J’ai presque honte de l’état dans lequel se trouve mon appartement, mais je ne peux rien y faire. « Je ne peux pas.. Le médecin a dit pas avant deux semaines… » Pour prévenir le risque d’infections, probablement. Ce n’était pas le temps de chopper une complication. L’une de mes mains se pose délicatement contre la hanche d’Hae Il, là où son haut terminait. Je dois avoir l’air d’une idiote, avec mes yeux bouffis par les larmes. « Je vais me coucher. Ça ira mieux demain, crois-moi… » J’en profite pour serrer ses doigts entre les miens, me redressant juste assez pour remonter dans mon lit. Je prends d’ailleurs place dans celui-ci, remontant la couette sur mes jambes, posant un oreiller dans mon dos. « J’appellerai au Paradise s’il y a quoi que ce soit. Tu peux rester jusqu’à ce que je m’endorme, si tu veux.  » Je murmure la dernière partie de la phrase, plus pour moi-même que pour lui. Je sens déjà mes paupières se faire lourdes. Il ne me faut d’ailleurs pas beaucoup de temps avant de basculer vers les bras de Morphée, ma main toujours au creux de celle du jeune homme.
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Sujet: Re: Even when you're crying you're beautiful too Mer 24 Fév - 20:20

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Ses larmes ne semblent pas vouloir se tarir facilement malgré le fait qu'elle-même ait tenté de les essuyer. Ses yeux commencent déjà à être rouges et gonflés. Quelques mèches de ses cheveux lui retombent devant le visage. Je hoche la tête en entendant ses paroles, absolument pas expert sur le sujet. Dommage, c'est bien une des choses qui aurait pu l'aider à se détendre mais hors de question effectivement si le médecin lui avait interdit. Emiko cherche un contact et je baisse les yeux un instant sur sa main avant de rapporter mon attention sur son visage, croisant son regard tout humide. Elle me dit vouloir se coucher et vu les événements de la journée, je ne doute pas qu'elle ait besoin de sommeil. Sa petite main se resserre sur la mienne avant qu'elle ne se coule dans son lit, se calant sous sa grosse couette. J'ai surtout l'impression qu'elle veut me mettre dehors mais je respecte ça. Après tout, je suis chez elle et même si je l'ai accompagnée aujourd'hui, je n'ai pas dû lui être d'un grand secours. Je ne veux pas la mettre mal à l'aise plus que de mesure. La dernière partie de sa phrase me laisse perplexe cependant, couplé au fait qu'elle n'a toujours pas lâché ma main. Ca sonne presque comme une demande, j'espère ne pas me tromper en restant. Je préfère m'assurer qu'elle réussisse bien à s'endormir en vérité. Je ne réponds plus mais hoche la tête silencieusement à ses derniers mots, ne la dérangeant pas plus que ça. Elle bascule finalement assez vite et s'endort, sûrement épuisée nerveusement. Je me redresse, repose sa main sur le lit et remonte la couette sur elle. J'attends un peu pour être sûr qu'elle dorme bien et sort de l'appartement pour aller lui chercher ses médicaments dans une pharmacie, l'ordonnance toujours dans ma poche. Je repasse une dernière fois chez elle pour les déposer sur sa table de chevet avec un verre d'eau à côté, au cas où elle se réveille, silencieux comme jamais. Avant de partir définitivement, je me rappelle de ce qu'elle m'a dit et me permet de tourner un peu dans l'appartement pour trouver un stylo et du papier afin de lui noter mon numéro de portable directement. Beaucoup plus facile. J'ajoute un bref 'je passerai demain.' au bas du mot et le laisse sur sa table avant de m'éclipser.

| fin |


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